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Les financements pour créer la ferme

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financement

Si on m’avait dit que la ferme serait financée par des peignoirs et serviettes de bain… j’aurais eu du mal à y croire !

Et pourtant, la ferme Beau Soleil des Landes a remporté l’un des prix du concours Arbres d’Avenir qui permet de financer la plantation de haies et fruitiers à hauteur de 16 000€. Deux campagnes de plantations auront donc lieu en 2019 (inscrivez-vous au chantier!) et 2020 pour planter près d’un kilomètre de haies et 1300 arbres. Cette dotation du concours national agro-forestier provient de la fondation Accor qui tire elle-même ses financements du plan de réutilisation de serviettes dans ses hôtels. Vous savez, certains hôtels qui affichent: “réutilisez votre serviette de bain d’un jour à l’autre au lieu de l’envoyer en laverie, cela permet de financer la plantation d’arbres par les économies d’énergie faites”. Hé bien ça marche, Merci !

Vu le manque de capital initial pour ce projet, l’objectif est en effet de trouver des financements sous diverses formes pour arriver à payer les investissements et aménagement de la ferme. Voici en résumé les différentes sources identifiées et dont certaines seront sollicitées :

  • Dotation aux Jeunes Agriculteurs – 27 000€ en Loire-Atlantique en comptant les aides Bio
  • PCAE régional (fonds européens) – Jusque 40% des investissements en DJA
  • Emprunt familial
  • Crowdfunding (Campagne via Bluebees à venir pour début 2019)
  • Financements solidaires (Cigales)
  • Emprunt bancaire (indice: Le Crédit Mutuel de Bretagne a pour l’instant les meilleures offres)
  • Fondations (Accor via Concours national Agro-forestier)

Avec un apport de 10 000€, il devient donc possible de financer une installation pour près de 100 000€ afin d’assurer la mise en place de matériels de qualité permettant de faciliter le travail quotidien. Cela nécessite un formalisme (plan d’entreprise, budget de trésorerie) et d’apprendre à parler banquier (EBE, BFR, etc).

Aparté sur l’emprunt bancaire

Il a été tentant de partir sans emprunt bancaire mais au final, des retours d’expérience de la Chambre d’Agriculture ont permets de trancher. Il y a de nombreux exemples d’installations autonomes où tout le capital est mis dans l’investissement initial. Ce sont en général des projets de petite taille, avec du petit matériel donc cela reste possible mais ce sont aussi des projets de faibles revenus. Ce système tient 5 à 10 ans, parfois beaucoup moins, le temps de venir à bout du matériel et du paysan. Car lorsque arrive l’heure de renouveler le matériel, tunnels, motoculteurs, etc les projets s’arrêtent car le matériel est devenu obsolète et il n’y avait pas de revenus suffisant pour mettre de côté et investir à nouveau. Les paysans se retrouvent éreintés physiquement et sans économie. Aujourd’hui et après ce temps de réflexions, faire un emprunt bancaire apparaît comme le meilleur moyen de réserver le capital initial pour la trésorerie et les investissements à venir afin d’assurer la pérennité de l’activité.

La mutualisation (du chaulage) : un besoin de microfermes

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Terrain
La mutualisation (du chaulage) : un besoin de microfermes

Après moultes recherches et un point avec l’agronome du GAB44, nous avons défini une stratégie de régénération du sol -qui sera évoquée plus précisément dans un article à venir. Parmi les différentes actions à mettre en place : le chaulage.

L’analyse chimique du sol avait conclu qu’il n’était pas nécessaire de chauler. Peut-être parce que seul le PH avait été considéré ? L’analyse Herody, elle, confirme ce besoin car elle se base sur l’analyse de la vie du sol, et non sa seule composition.

Le chaulage est une technique ancienne et naturelle qui consiste à apporter des amendements calciques ou calco-magnésiens à un sol. Les intérêts sont variés :

  • Augmenter le PH du sol pour corriger l’acidité qui empêcherait de libérer les nutriments pour les plantes
  • Favoriser l’assimilation des éléments nutritifs par les végétaux
  • Améliorer la structure du sol et propriétés physiques (moins de battance)
  • Améliorer la circulation de l’eau grâce à l’effet de floculation
  • Améliorer l’activité biologique du sol en accroissant la minéralisation de la matière organique

Les pratiques agricoles entraînent une acidification régulière des sols. Les plantes rejettent des produits acides par les racines et la minéralisation de la matière organique également. Le chaulage fait partie des bonnes pratiques naturelles d’entretien d’un sol, pour peu que l’on utilise les produits et quantités adaptés à son terrain. Attention, on ne parle pas ici d’utiliser de la chaux vive ! Il s’agit d’apporter du carbonate grossier (et non poudreux) pour amender son sol.

Le diagnostic adapté à nos parcelles : 4 tonnes de granulat 0,4 par hectare. Mais 2 questions se posent : Comment s’approvisionner en granulat et comment l’épandre ?

Trouver du granulat

Pas facile de trouver du granulat grossier auprès des fournisseurs du coin. Ils vendent essentiellement du poudreux. En plus,ils proposent souvent la prestation d’épandage avec, or celle que l’on cherche ne s’épand que tous les 5 à 6 ans (contre 2 ans), c’est forcément moins intéressant.

Heureusement, le GAB44 nous a fourni le nom d’un fournisseur, très sympathique par ailleurs qui nous a autorisé à faire un achat groupé pour atteindre ses minimas d’achat : GCM Granulats de Charente Maritime à Saint-Porchaire.

Atteindre le minima

Nous avons décidé de chauler les 4 hectares, c’est à dire les prairies, grandes cultures et parcours volaille en plus de la seule partie maraîchage afin de soutenir tous les sols. À raison de 4 tonnes hectare sur 4 hectares, notre besoin en granulat est de 16 tonnes. Or, le minima d’achat et livraison du fournisseur est de 30 tonnes. Une seule solution : organiser un achat groupé avec d’autres maraîchers pour atteindre le quota. Grâce à une annonce dans la liste du GAB, nous avons pu trouver après quelques mois de stress, 4 autres maraîchers. Encore fallait-il que tout le monde paye sa part à temps pour être livré avant le début des productions ! Là, on croise les doigts et ouf tout passe, avec une nouvelle question : On livre où ? Le déchargement ne peut se faire que sur un seul lieu. Or aucun des maraîchers n’est équipé pour récupérer et épandre sa part…

Épandre

Le travail tout en manuel, ça semble jouable jusque 0,6 ou 1 hectare maximum. Au-delà, impossible de travailler ou épandre seul manuellement. Ça demande des outils et des machines -très grosses et très chères- et nos usages ponctuels n’en justifient d’ailleurs pas l’achat. On se tourne alors vers les CUMA (coopératives agricoles locales qui louent du matériel) ou les ETA (entreprises de travaux agricoles).

L’un des maraîchers de l’achat groupé nous a trouvé une ETA près de chez lui qui acceptait de recevoir les 30 tonnes de granulat puis passer sur chaque ferme épandre. Seulement il souhaitait faire tous les épandages sur une même journée. Il a donc fallu se caler une date, qui ne cessait d’être déplacée et reculée car cette année à été très pluvieuse et certains des terrains étaient encore trop trempés pour pouvoir circuler dessus et épandre. C’est d’ailleurs le notre qui a le plus tardé à se ressuyer ! Cette dernière étape a été bien stressante pour ceux qui devaient impérativement épandre avant de démarrer leurs cultures qui ne pouvaient pas attendre.

La machinette qui épand

Pour la suite

Une action nécessaire et peu coûteuse : 24€ / tonne le granulat livré et 300€ d’épandage. Valable pour cinq ans. On a ainsi réussi à acheter, se faire livrer et épandre ces 30 tonnes à plusieurs maraîchers. Les fournisseurs, produits et outils ne sont pas adaptés aux pratiques sur petites surfaces et le seul moyen d’avancer est la mutualisation. Mais il nous a manqué un acteur fédérateur et un outil pour mieux communiquer, organiser et financer cette action groupée. Parmi les points améliorables :

Comment mieux faire connaître l’offre de mutualisation ? Sur quels réseaux, auprès de quels acteurs, par quels outils ? Comment faciliter la mutualisation de paiement ? Reverser auprès d’un tiers acteur qui se charge du paiement global ? Quels fournisseurs pour les mutualisations ? Liste des actions mutualisables ? Liste des acteurs et prestations proposées ?

Une plateforme d’achat groupé pour les agriculteurs existe ici par exemple : http://www.achagri.com/ Peut-être un concept à adapter pour les besoins des microfermes ?

Guide biosécurité pour les petits élevages de volaille

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Volaille

L’élevage de poules pondeuses et poulets fermiers sur parcours agro-forestiers sera une grande partie de l’activité de la ferme. Depuis 2017, de nouvelles mesures sanitaires imposent des protocoles et formations (biosécurité) pour assurer des mesures d’hygiènes et diminuer les risques de contaminations. À savoir que ces règlements s’imposent aux professionnels comme aux particuliers possédant un cheptel et peu importe la taille.

La Confédération Paysanne vient de sortir aujourd’hui son guide LA BIOSÉCURITÉ
POUR LES PETITS ÉLEVAGES DE VOLAILLES EN CIRCUIT COURT ET EN AUTARCIE.

Vous pouvez le lire ou télécharger librement en cliquant ici.

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Cette initiative est à noter car seule la Confédération Paysanne s’est battue pour protéger les activités des petits paysans et éleveurs fermiers. Sans leur lobbying, nous n’aurions plus le droit d’utiliser des chiens de troupeau sur les fermes, d’élever des volailles d’âges différents, il n’y aurait plus de ventes possibles de poules de réforme, etc. Ce règlement va loin dans les normes qui ne correspondent absolument pas aux pratiques diversifiées de paysans mais sont adaptées aux méthodes industrielles d’élevage non-duplicables dans ce cadre. Pour avoir travaillé sur la mise en place de ces normes sur l’un des stages, il s’est avéré que les frais nécessaires à la création des infrastructures, des sas, des chemins pour qu’il n’y ait pas de demi-tours des fournisseurs, etc signifiait tout simplement la fin des activités de la ferme, du moins dans le respect du règlement.

La normalisation, moyen de mettre un terme au monde paysan ?

Il y a eu de belles avancées par l’effort auxquelles nous avons modestement contribué par des retours mais certaines demandent de la Conf’ n’ont pas pu aboutir, ainsi pour les désinfections obligatoires des poulaillers, il n’est pas valide d’utiliser des huiles essentielles or les produits chimiques recommandés ne sont pas tous utilisables en bio.

Enfin un éclairage utile dans lequel vous trouverez en dernière partie de ce guide les fiches pratiques à remplir pour être en conformité sur votre élevage, vides sanitaires, auto-contrôles de nettoyage, etc.

Le défi de remise en culture des terres en friche du vignoble

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Terrain

Le premier oral du BPREA a porté sur le dossier “Territoire” présenté sur un sujet lié à cette installation agricole : “Le défi de la remise en culture des terres en friche dans le vignoble”.

Voici la présentation qui revient sur le contexte du vignoble, la déprise des terres, les défis à relever et les actions de l’association Terres en Vie pour la remise en culture des friches.

Au final, des nombreux hectares d’opportunités aux portes de la métropole nantaise !

presentation-territoire-V2

Lancement du Groupement d’Achats Solidaire GAS’L

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Categories

La ferme Beau Soleil n’est pas encore en activité de production et nous accueillons déjà nos premières demandes d’achats et abonnements ! Durant l’installation, les accompagnateurs de projets ne cessent d’expliquer qu’il faut peaufiner sa distribution, que produire finalement c’est facile mais développer sa clientèle prend du temps. Nous avons donc suivi leurs conseils et pris de l’avance.

Nous travaillons à fédérer 50 familles locales intéressées pour s’approvisionner à notre ferme en légumes, volailles et oeufs bio. Beau Soleil va profiter d’un joli coup de pouce d’un paysan local à L’Oasis de la Chaumière qui a offert de rejoindre son circuit de distribution familial qu’il alimente de produits complémentaires. Pour compléter nos offres de produits fermiers, nous créons ensemble un Groupement d’Achats Solidaire : GAS’L !

Qu’est-ce qu’un Groupement d’Achats Solidaire ? Un collectif  de familles qui organise des commandes groupées sur de produits locaux, fermiers, sains et éthiques afin de :

  • Soutenir les paysans locaux
  • Préserver santé et environnement
  • Rendre accessible des produits de qualité à tarifs avantageux
  • Compléter les offres de produits de nos fermes

 

Pour rejoindre GAS’L et la 30 aine de familles déjà abonnées les étapes sont simples :

  • Adhérer à l’association Oasis de la Chaumière pour 5 € et s’acquitter d’une cotisation annuelle au GAS de 10 €
  • Vous recevrez votre mot de passe vers les bons de commande en ligne, ou un bon-papier si vous préférez
  • Passez vos commandes chaque 6 semaines (voir calendrier remis) sur les produits (poulet, agneau, oeufs, pâtes, vin…)
  • Vous pouvez échanger sur la liste de discussion de GAS’L (pour proposer de nouveaux producteurs par exemple)
  • Retirez vos commandes sur Remouillé ou sur Monnières (puis Maisdon-sur-Sèvre dès 2019)

Un accès à la cartographie des abonnés vous permet de mutualiser les retraits avec vos voisins ou identifier les fournisseurs proches de chez vous.

Pour plus de détails, vous pouvez lire cette présentation réalisée lors de la première réunion auprès des abonné.es  Presentation-gasl-lancement

 

Quelques premiers producteurs que vous pouvez accompagner par votre adhésion

Les produits référencés viennent de producteurs locaux, partenaires et grossistes bio. La liste des produits et des producteurs locaux va s’étoffer au fur et à mesure des mois, des attentes, et des propositions !

Les premières étapes

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Design

Par où commencer ? Le début des productions n’est prévu qu’à partir d’avril 2019, en attendant, il reste de nombreuses étapes et chantiers à mettre en place pour faire d’une prairie totalement nue un lieu productif. L’objectif 2018 est déjà de finaliser la mise en place des infrastructures de base :

    • Bornage du terrain pour définir les contours
    • Épandage de granulat 0,4 pour contribuer à régénérer les sols
    • Création des niveaux et baissières pour drainage de l’eau
    • Mise en prairie trèfle
    • Création de plans d’eau et forage
    • Mise en place du raccordement électrique
    • Installation du cabanon pour abri et sanitaires
    • Construction d’un hangar de stockage
    • Installation des clôtures
    • Plantation de haies et fruitiers
    • Création des premières zones de cultures
    • Aménagement du parcours volaille
    • … !

 

De nombreuses étapes sont à venir pour arriver aux premiers jets du design… Vous êtes d’ailleurs bienvenus si vous souhaitez donner un coup de main !

 

S’installer dans le vignoble

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Terrain
S’installer dans le vignoble

Des maraîcher-e-s dans le vignoble, c’est encore atypique. La preuve, la mairie n’est pas encore tout à fait calée concernant les questions sur les règles d’urbanismes liées aux tunnels maraîchers… Mais ça va venir, car de nombreuses parcelles sont à reprendre !

Le terrain d’installation: les parcelles ont accueilli de la vigne mais ne sont pas à proprement parler des “terres à vigne”. Sur cette zone, les terres “originelles” de polyculture-élevage ont accueilli de la vigne à l’âge d’or du vignoble, avant que cette zone ne soit déclassée de l’appellation Muscadet, ce qui a contribué à sa mise en vente. Il y a depuis une déprise massive du vignoble. L’ensemble des communes du vignoble a perdu 3 184 hectares en 4 ans. Cette diminution s’est accélérée entre 2009 et 2012 avec une perte de 13,5 % de sa surface en 4 ans et 430 hectares arrachés chaque année (Source: Terres en vie) ce qui signifie des milliers d’hectares disponibles ! Avis aux candidats à l’installation donc… mais quelques caractéristiques sont à prendre en compte pour ces terrains.

  • Morcellement

Les terres de vigne ont pu échapper au remembrement des terres. Elles sont encore constituées de foultitude de petites parcelles. Ainsi sur notre zone d’implantation, nous avons une quinzaine de voisins à contacter pour le bornage en comptant les exploitants et propriétaires !

  • Enclavement

Du fait de ce morcellement, il est fort possible de se retrouver enclavé(e) entre des productions de pratiques différentes. Nous avons comme voisins des viticulteurs bio, raisonnés et conventionnels.

  • Bornage

Délimiter les contours et donc limites de ses parcelles peut s’avérer fastidieux (de nombreux voisins sont à convoquer au bornage) et il y a autant de règles de délimitations que d’exceptions…

  • Faible qualité agronomique

Terres de vigne égal sol acide (sauf chez nous d’ailleurs), faible vie du sol et faible présence de micro-organismes et biodiversité. Il faut donc notamment entamer une régénération du sol et le semis d’engrais verts et chaulage (épandage de granulat) font partie des méthodes préconisées.

  • Pollution potentielle

Vérifier l’absence de métaux lourds dans le sol (notamment le cuivre résiduel de traitement de la vigne à la bouillie bordelaise). Nous avons fait deux analyses de sol (méthode Herody et analyse chimique) pour les parcelles afin de s’assurer qu’elles sont bien cultivables. Il reste étonnant que chacun puisse s’installer et produire sur des terres polluées sans avoir l’obligation de recherche des polluants ?

  • Nettoyage

Partie optionnelle et cerise sur le gâteau. Si comme nous vous récupérez des terres de vigne soi disant déplantées et que le travail n’a été fait qu’à moitié. Vous vous retrouvez avec une parcelle pleine de ceps et culées à retirer. L’arrachage nécessite un équipement technique car on n’en vient pas à bout à la main ni à la pioche !

Pour faciliter l’installation des porteurs de projets, une association s’est créée sur le territoire : Terres en Vie. Créée en début d’année, son objectif est de répondre à un défi de taille : la reconversion des terres de vigne face à la déprise du vignoble. Durant l’hiver 2014, une réflexion locale s’est mise en place autour du constat de crise du vignoble. Des groupes de travail se sont constitués et la dynamique réunit aujourd’hui des agriculteurs, porteurs de projet, citoyens, membres d’associations environnementales (LPO, Terre de Liens, CAP44 et Confédération Paysanne) et élus. L’objectif collectif est désormais de finaliser le diagnostic territorial pour répertorier les parcelles locales en friche, les nettoyer, les régénérer, remettre de la biodiversité en place et accueillir des porteurs de projets.

C’est une initiative intéressante de démocratie participative, collective et concertée. Son objectif est à la fois environnemental par la régénération des terres, de leur qualité, de leur biodiversité et également à vocation sociale pour redynamiser la ruralité, l’agriculture, les emplois, les liens entre paysans et habitants.

Le design de Beau Soleil des Landes

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Design

Dans notre approche permaculturelle, un dossier d’une centaine de pages a été réalisé pour commencer à étudier le design d’implantation de la ferme. Voici un extrait de quelques pages des données du territoire. D’autres extraits viendront par la suite.

Etudes Design Microferme Beau Soleil des Landes

Et en bonus ce petit support présentant différents outils numériques pour réaliser son design de permaculture et que nous avions réalisé pour Permaculture44 il y a quelques années.

Presentation Permaculture44 outils de design

Acheter des terres agricoles

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Terrain
Acheter des terres agricoles

Comment acheter des terres agricoles sans être agriculteur ? Bonne nouvelle, c’est possible ! Bien qu’avec un peu de patience et d’obstination parfois. Quelles démarches ? Quel coût ? Quel contrat ?

Les valises sont enfin déposées… sur Maisdon-sur-Sèvre ! Il aura fallu trois années de recherche. Pourquoi cela a-t-il été si long ? Sans doute car les contraintes étaient nombreuses : s’imposer une distance maximale de Nantes afin de pouvoir continuer à travailler à mi-temps en ville. Essayer d’échapper au BPREA et donc ne pas avoir la capacité agricole pour l’installation. Rechercher un lieu avec du bâti pour vivre sur place, un tarif acceptable…

Au final il y a eu pas mal de concessions. Notamment sur le bâti puisqu’il n’y en a pas, mais aussi sur la qualité agronomique des terres qui sont à remettre en culture.

Ce qui n’a pas marché pour trouver des terres

  • Petites annonces
  • Leboncoin, etc
  • Agences professionnelles

De nombreuses visites, kilomètres et temps consommé, mais pas perdu au final. Cela a permis de se faire une idée du marché, d’ajuster les exigences aux réalités techniques et économiques. Étape infructueuse certes mais utile donc. A noter, les terres agricoles qui se vendent sur annonces ne sont jamais de bonnes affaires !

Intéressant pour réseauter mais les agriculteurs sur le départ ont souvent des offres de ferme qui ne correspondent absolument pas à ce type de projet sur petites surfaces. D’où la tension actuellement entre l’offre des fermes en vente et la demande de jeunes qui ne veulent plus s’endetter à vie sur de gros investissements. Les vendeurs peinent à trouver repreneur pour leurs centaines d’hectares tandis que les candidats à l’installation (moyenne 46 hectares) peinent à trouver de petites surfaces.

  • Bouche à oreille
  • Réseau de proximité, agriculteurs du coin

Sans étonnement, ce fut la clé pour trouver le terrain. En allant déjeuner avec un agriculteur du coin, nous sommes passés devant des terres sur lesquelles gisaient des pieds de vigne arrachés. Nous avons été mis en relation avec le propriétaire et voilà. Pas de secret, le réseau local, le réseau local, le réseau local. Une méthode serait ainsi de choisir le territoire sur lequel s’installer, et d’aller travailler pour des agriculteurs du coin afin d’être dans les réseaux et voir passer les ventes.

Ce qui a marché : la SAFER

Étonnant, non ? La vente s’est faite via la SAFER. Elles ont droit de regard du moins sur les parcelles supérieures à 2500 ou 5000m² ? <- choisir un achat de superficie inférieur si on veut être tranquille. Les sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural ne sont pas toujours bien vues par les acteurs aux projets “atypiques” ou non-issus du monde agricole. Elles ont la réputation de faire des préemptions de terre (en réalité c’est seulement 10% de leurs actions) au bénéfice de gros exploitants. Autant dire que lorsque le vendeur a indiqué qu’il fallait déposer un dossier Safer qui serait évalué par une commission, cela sans avoir la capacité agricole et pour un projet de microferme… Et pourtant tout s’est bien passé! En guise de dossier, il s’agissait d’une présentation d’une page du projet. Parallèlement il y avait publicité de la vente des terres durant un mois. Et au final le dossier a été retenu (probablement sans autre demande d’agriculteur qui aurait pu être prioritaire). Le dossier a été déposé en février et l’achat signé en juillet, rester patient donc.

Un conseil donc : suivre les annonces de la SAFER locale ici. Précision: acheter via la SAFER implique quelques obligations notamment : payer le tarif indexé de la SAFER (non-négotiable), sur notre zone c’est 2 500€ l’hectare. Payer la commission de 8%. Utiliser les terres à usage agricole pour au moins 10 ans. Chaque SAFER a une politique particulière et des critères de priorisation différents selon les territoires. Chez nous heureusement c’est priorité aux nouvelles installations et non à l’expansion.

 

La formation agricole

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Formation

BPREA or not BPREA ?

L’arrivée sur le volet agricole s’est faite par le biais “Permaculture” et le diplôme CCP en 2014. Ce qui ne donne, précisons-le, quasiment aucune compétence agricole. Mais cela faisait quelques années que la question se posait : va-t-il falloir ou non passer le Brevet Professionnel de Responsable d’Exploitation Agricole pour s’installer ?

Il n’y a aucune obligation légale à cela. Chacun peut s’installer, vendre des produits agricoles, cotiser à la MSA et devenir agriculteur de fait. La capacité agricole s’acquière même après 5 ans de cotisation MSA. Mais avec un diplôme courte durée de Maraîchage (Sainte-Marthe) et des stages sur des fermes, nous avions bien une base d’expérience alors pourquoi passer tout de même ce diplôme qui va mobiliser 12 à 18 mois ? Parce qu’il y a un détail qui change tout….

Actuellement en BPREA par correspondance à l’ESA d’Angers, la décision a été prise de franchir le pas pour plusieurs raisons :

  • Etre en paix avec les voisins qui voudraient remettre en question le projet
  • Accéder si besoin aux aides financières à l’installation (Dotation Jeunes Agriculteurs, de 10 000 à 27 000€ selon les projets en Loire-Atlantique)
  • Faciliter l’accès aux terres agricoles voisines si besoin(les exploitants agricoles sont prioritaires dans les attributions)
  • Avoir l’opportunité d’être pris en stage chez des agriculteurs locaux et de référence durant la formation
  • Visiter de nombreuses fermes et développer son réseau
  • Améliorer sa formation personnelle ! Notamment sur la question essentielle de chimie et vie du sol qui peut être une faiblesse chez les NIMA sans formation théorique
  • Peaufiner son projet en cours de route et ses projections financières notamment

Et surtout, surtout : Pouvoir aménager son terrain !

En effet, actuellement en Entreprise Individuelle cotisant solidaire sans capacité agricole (jusqu’à obtention du diplôme en février 2019) , je n’ai pas les autorisations pour aménager le terrain. Comment cela se passe -t-il ? Partant d’un terrain nu, j’ai besoin de faire les raccordement électriques, un terrassement pour bâtiment, un abri pour les outils, des clôtures… Normalement on doit déposer une demande de permis ou parfois simples déclarations préalables pour ces infrastructures. Des jours de paperasse pour chaque chantier… Le dossier passe en mairie,  à l’agglomération et est également envoyé à la Chambre d’Agriculture lorsqu’il s’agit de terres agricoles. Réponse de la chambre pour un cabanon de 9m² en bois déplaçable sans fondations pour stocker les outils : “Réserves” (c’est à dire non). Libre au maire ensuite de passer outre les avis défavorables de la Chambre, tout dépend si on est en bonne relation avec. J’ai eu l’autorisation de la mairie pour les petits aménagements (clôtures, cabanon) mais pour raccordements et le hangar, la mairie attend l’attestation officielle de mon diplôme agricole en février 2019 et les autorisations de la Chambre qui vont avec. A noter que les agriculteurs du coin rigolent bien, ils ne déposent rien du tout et font comme ils veulent pour leurs aménagements sans demander de permis. Mais quand on a des voisins et agriculteurs à l’affût de vos terres, mieux vaut se méfier. Avoir la capacité agricole est donc la garantie de pouvoir  aménager ses parcelles comme on l’entend. Cotisant solidaire sans capacité agricole et sur terres agricoles, l’autre option est de prendre un terrain déjà aménagé et avec tunnels, sinon il y a risque de ne pas avoir les autorisations de mettre en place ses infrastructures.

Au final, un choix sans regret car la formation et les travaux pratiques contribuent au développement du projet. Ils poussent à s’implanter plus amplement sur le territoire, développer son réseau à travers des projets de territoire et permettent d’acquérir de nouvelles compétences par des stages rendus possibles, une crédibilité accrue et une plus grande sérénité d’avancement.